Tuesday, 26 July 2011

Welcome to the hotel California

Après un retour printanier au pays avorté, et deux semaines d'assistant enseignant à Bonne Bay, des petites vacances se sont improvisées à la suite de la réception d'un e-mail de David Paulin.

En formation à Portland, Oregon, US, durant le mois de juin, puis en vadrouille en Amérique, David me contacta pour connaître mes plans du mois de juillet. En recherchant les opportunités qui se présentaient à moi, celle de découvrir la Californie et surtout la Sierra Nevada à travers un aller-retour plutôt bon marché pour San Francisco fut difficile à ne pas saisir...Certes, cela ne m'a pas fait découvrir un nouveau pays, ni ne m'a permis de revoir amis et famille en France, mais l'avantage du coût du billet d'avion et la perspective de passer des vacances avec un vieil ami du lycée, qui tout comme moi apprécie les activités pleins airs, scella ma décision.

Billet d'avion acheté, il restait à planifier ces courtes vacances. David m'ayant laissé la liberté de décider des gros traits du séjour cela fût assez rapide. Quelques idées déjà bien en tête, une dizaine d'heures passées sur la Toile et voilà l'itinéraire tracé...

Première étape, San Francisco.
Alcatraz, le Golden Gate, les cables cars, les homosexuel, voilà quelques images de la ville présentes dans ma tête avant mon arrivée, merci Hollywood.

Arriver le jeudi midi à l'aéroport de San Francisco (SFO) à peine le temps de quelques embrassades avec David et nous voila en direction le loueur de voitures. Comme réservé, un "mid-size SUV" nous attend. Cela s’avérera utile pour les quelques sentiers non bitumés qui nous attendent.

Voiture chargée avec l’impressionnant paquetage de David, direction le centre-ville à la recherche d'une auberge de jeunesse pour passer notre première nuit. Auberge trouvée, information sur les visites à faire dans la ville récoltées, une petite soirée s'improvise dans un bar de la ville avec deux autres Français logeant eux aussi à l'auberge.

Le lendemain au réveil, visite des principaux quartiers de la ville.

Le quartier chinois de San Francisco est le plus ancien quartier chinois en Amérique. Il est habité par la plus grande communauté chinoise existante hors d’Asie. Les lignes de bus qui le traversent, proposent d'ailleurs des annonces et des publicités bilingues.

Sympathiques papys musiciens

Avis aux connaisseurs, une œuvre de Banksy juste derrière la voiture rouge.

San Francisco possède entre autres un quartier latin, russe, mexicain, gay, et hippie.

Une petite indication notre position dans la ville se situe sur le poteau sous le feu de circulation.

Au moins avec les drapeaux on n'est pas perdu.

Le quartier le plus vivant, coloré, agréable, fut à mon goût, le quartier hippie et principalement Haight Street. Cette rue est pleine de magasins de produits bio, de dérivés de chanvre, de magasins de musique, de tatouages, de bars, et surtout de maisons de style victorien, qui sont d'ailleurs présentes dans de nombreux quartiers de la ville.

Et puis San Francisco c'est aussi son port, ses collines, ses gratte-ciels, et quelques classiques: le Golden Gate et Alcatraz.

Vue de San Francisco depuis les Twin Peaks.

La fameuse prison d'Alcatraz que nous n'avons malheureusement pas eu le temps de visiter.

David et moi devant le Golden Gate un matin brumeux typique de San Francisco.

Après une autre soirée passée dans les bars de San Francisco en compagnie de deux Allemands rencontrés eux aussi à l'auberge de jeunesse, il est temps de prendre la route direction Monterey Bay à 2-3 heures au sud de San Francisco.

En tant que biologiste marin, cette étape était indispensable pour moi. En effet, Monterey Bay est très réputée pour la présence de forêts sous-marines de Macrocystis, une espèce de laminaire géante dont la hauteur peut atteindre plusieurs dizaines de mètres. Cet unique écosystème est l'habitat principal de la loutre de mer (espèce presque éteinte il y a quelques années, sa fourrure ayant généré une chasse intensive), et de plusieurs autres espèces de mammifères marins. Monterey Bay jouit également d'une solide réputation en raison de son aquarium qui figure parmi l'un des plus grands du monde.

Pour rejoindre Monterey Bay depuis San Francisco, nous avons emprunté la California State Route 1 (où Highway 1), qui longe la côte pacifique. Cette route assez splendide offre le contraste entre l'océan Pacifique et les fermes fruitières et vinicoles californiennes. Cela nous donna l'occasion de goûter à quelques produits locaux: fraises biologiques, vins californiens, et poissons de l'océan Pacifique.


Restaurant bien sympathique où nous avons dégusté quelques bons poissons de la région.

Assiettes et verres bien remplis avec comme compagnon un coucher de soleil sur l'océan Pacifique.

Petit vol de pélicans bruns (Pelecanus occidentalis) en guise de dessert.

Une fois la panse bien remplie, il est temps de rouler un peu pour trouver un spot de camping sauvage, ce qui sera d'ailleurs notre moyen de logement tout au long du reste du séjour.

Bien reposés, nous prenons la direction l'aquarium pour une visite matinale.
L'aquarium est construit dans les locaux d'une ancienne conserverie de sardine. Comme de nombreuses pêcheries, la pêche à la sardine en Californie stoppa à la suite de l'effondrement des stocks de sardine pacifique dans les années 40, entraînant la fermeture de nombreuses entreprises.

L'aquarium de Monterey Bay

L'objectif principal de l'aquarium est de faire découvrir au public l’écosystème marin de Monterey Bay et notamment les forêts de Macrocystis pyrifera.


La visite de l'aquarium fut quelque peu décevante, peut-être en raison d'attentes trop grandes de ma part. Quelques créatures ont tout de même captivé mon attention...


Visite de l'aquarium terminée, il est temps de partir louer des kayaks et un peu de matos d'apnée pour aller goûter pleinement aux sonnettes naturalistes de Monterey Bay.

Plage couverte de phoque commun (Phoca vitulina).

Vue de Monterey Bay et des forêts laminaires dans lesquelles nous sommes allés nager et faire du Kayak. La météo grisâtre et les températures très modérées pour un mois de juillet (légèrement supérieur à 20°c) m'ont drôlement rappelé terre-neuve...

La faible visibilité et la basse température (une quinzaine de degrés Celsius) de l'eau écourtèrent la session apnée. Nager au milieu de ces impressionnantes structures algaires avec la présence avoisinante de quelques phoques restera tout de même un bon souvenir. La suite à bord d'un kayak sera assez inattendue... Entre rase-mottes de pélicans au dessus de nos têtes, vole de hordes de cormorans dans les proches horizons, apparition d'un groupe de cétacés à quelques mètres du nez de notre embarcation (probablement des dauphins, mais le doute subsiste étant donné leur impressionnante taille), passage éclair d'une otarie sur notre flanc droit, et observation de loutres de mer se reposant sur leur canapé d'algues, nos yeux ne cessèrent de s’écarquiller...

Je compte poster une petite vidéo offrant quelques-unes de ces apparitions, mais il me faut encore l'éditer (je galère encore un peu avec Adobe Premier Elements)

Cette succession d'émotions naturalistes s'acheva tranquillement, et il fut temps pour nous reprendre la route pour quelques heures direction les hauteurs de la Sierra Nevada et plus particulièrement le Lac Tahoe.

Cette transition entre océan et montagne m'offre la parfaite opportunité pour terminer ici ce premier poste sur mon séjour Californien. L'autre, ou les autres, suivront très prochainement, alors restez aux aguets...

Tuesday, 17 May 2011

Saint Pierre et Miquelon

Quel(le) français(e) n'a pas entendu parler de St. Pierre et Miquelon, ce Territoire d'Outre Mer (je devrais dire Collectivité d'Outre Mer), composé de trois petites îles, et habité par quelques 6000 citoyens de la république?

Mais qui est vraiment capable de le situer sur le globe? St. Pierre et Miquelon (SPM) n'est pas la carte postale typique de la majorité des DOM-TOM (là encore, je devrais utiliser DROM-COM) où métropolitains viennent parfaire leur bronzage quelques semaines dans l'année. Soleil étincelant, plages sableuses entourées de barrières de corail, rhum macéré égaillant nombreux cocktails exotiques...

Non SPM, c'est le sud de Terre-Neuve (TN), la réunion du Gulf Stream et du courant du Labrador et donc l'un des endroits des plus brumeux sur Terre, la relique d'un port de débarquement de l'une des pêches les plus prolifiques de tous les temps, une ancienne place forte de la contrebande d'alcool du temps de la prohibition, et aussi une impressionnante concentration de fonctionnaires de l'état français. Il y règne cet étrange mélange de bon vivre et de magouilles. Une chose est sûre, le temps importe peu, tout particulièrement en ce week-end pascal !!!


Ci-dessus, le port de fortune d'où part le ferry (l'ARETHUSA ci-dessous, au départ de SPM) en direction SPM. Le ferry appartient à des Terre-Neuviens, car tous les bateaux de St Pierre sont en réparations (chose récurrente apparemment)...


Pour un Français, vivant à Terre-Neuve, visiter SPM, c'est comme un retour au pays sans ne jamais vraiment quitté TN. La proximité (25Km séparent TN et SPM), le caractère sauvage et rocailleux du paysage, les maisons colorées, les fanons du Canadien de Montréal décorant pickups, les usines de poissons fermées, l’inversent des couleurs des bouées signalant l'entré du port, rappellent fortement TN.


Et oui, cette bouée est laissée à tribord en rentrant dans le port.


Le frigo, ancienne usine de transformation de poisson. Cette relique semble être encore debout due à l'attachement des nombreux anciens employés, enfant ou encore petit enfant d'employé de cette usine qui tournait à temps plein pendant la grande pêche
.


L'entrée du port de St-Pierre à l'arrivée et au départ.


Cependant, les Peugeot 206 et autres Renault Clio (dont les plaques d'immatriculation sont floquées d'un SPM précédent une combinaison de chiffres), la poste, les supermarchés, la boulangerie, les camionnettes bleues, l'étroitesse des rues, nous indiquent clairement que nous sommes dans le jardin de Marianne.


La place principale du centre ville.


Rue étroite caractéristique, où les trottoirs sont absents. La présence de talus de neige en hiver doit rendre toutes tentatives de circulation assez compliquées.




De nombreuses maisons et de nombreux commerces possèdent des tambours, qui d'ailleurs rendent futile la présence de trottoirs.


Les cabanes de pêcheurs le long de la digue.

Les possibilités de distraction sont assez limitées sur SPM surtout en période semi-hivernale semi-printanière. L'attraction majeure du séjour fut la dégustation de produits français faisant défaut sur TN. Ah oui, rapidement les circonstances de mon séjour. Je suis allé sur SPM avec quelques amis profitant d'un voyage organisé à prix dérisoires par une association d'étudiants en fac de français à St. John's.


Deux acolytes français, avec qui je suis venu sur SPM. Petit apéritif au vin rouge, saucisson, pâté, fromage...


Ce séjour fut l’occasion pour moi de rendre visite à mon oncle et ma tante ici depuis deux ans et de profiter de leur compagnie au travers d'une petite randonnée et un excellent confit de canard.


Moi et ma tante Maryvonne avec en arrière-plan l'île aux marins.


Un rocher dont j'ai oublié le nom, qui est l'aire estivale de milliers d'oiseaux marins (macareux moines, guillemots, fou de bassan...), et aussi fréquentés par de nombreux mammifères marins (Orques, phoques, dauphins et toutes sortes de baleines).


Comme vous vous en doutez, je profite encore quelques semaines après des bienfaits de ce voyage avec dans mes armoires quelques boîtes de confit, pâtés et autres bouteilles de vin...

Monday, 12 July 2010

Winter in NFLD

Me voici de retour après une année d'absence sur mon blog pour vous compter de nouvelles péripéties (attention ne vous fier pas à la date, ce billet date d'avril 2011).

D'abord, je me dois de vous donner une des raisons de mon absence prolongée. Lors de mon retour en France l'été dernier mon intention fut de prendre quelques photos de chaque étape d'un voyage qui s’annonçait prometteur. Rassurez-vous, il le fut... Le seul problème majeur se trouva être la perte de mon appareil photo lors de ma première soirée sur Paris...Probablement oublié sur la banquette arrière d'un taxi parisien ! Cet égarement m'empêcha donc d'accomplir mon objectif.

À la suite de cette tragique perte, il m'a fallu plusieurs mois pour finalement décider de m'offrir un nouveau compagnon photographique...
Excuses faites laissez-moi vous montrer quelques images d'un hiver terre-neuvien qui semble, enfin, toucher à sa fin.

Tout d'abord lors d'un week-end de février, sans doute l'un des plus frais de l'hiver, je me suis aventuré, en compagnie de deux férus d'escalade de glace, sur Bell Island, une petite île de Terre-Neuve au sein de Conception Bay.

Ci-dessus une vue de Bell Island depuis le ferry nous y transportant.



Premier arrêt sur l'île, à la tombée d'une abrupte falaise, un village de mineurs et de pêcheurs, malheureusement laissé à l'abandon.







Ce petit lot de terre regorge de cascades de glace durant les mois froids de l'hiver, ce fut l'occasion pour mes deux compères de s'adonner à leur activité favorite...





Et pendant ce temps, j'en profitais pour prendre mon premier bain de l'année dans une eau avoisinant les 2°C.
Si si, regardez attentivement, on perçoit des palmes émergentes de l'eau.



Après quelques dizaines de minutes de baignades, me voici parti pour une petite randonnée pour visiter des restants de mines sur le bord de mer. Et oui, Bell Island abritait autrefois des mines de fer. La nature ferreuse du sol est d'ailleurs facilement observable par la couleur rougeâtre de la roche.





Fin d'après-midi, repas bien mérité...



La nuit approchante...



...Il nous a fallu trouver un emplacement pour camper assez rapidement.



Après un réveil frigorifique, la météo menaçante nous suggéra d’écourter notre week-end et de prendre le premier bateau par crainte d'être bloqué une nuit de plus sur l'île.

Ce sera donc sur cette fin anticipée que ce billet s’arrêtera...

Monday, 28 June 2010

Péripéties printanières

L’été, maintenant bien installé, ne cesse de me rappeler qu’il est temps pour moi de venir raconter mon deuxième printemps à terre-neuve.

Cette année encore, le printemps fut pimentée de traversée l’île, une traversée assaisonnée d'une visite familiale et de la découverte de terres hostiles...
Eh oui, pendant deux semaines j'ai reçu l'agréable visite de ma chère maman avec qui nous nous sommes aventurés vers l'ouest et la pointe nord terre-neuvienne.

Ayant eu, à plusieurs reprises, l'occasion de vous décrire l'ouest de Terre-Neuve et notamment le parc national du gros morne, je ne m'y attarderais pas
cette fois-ci, voici cependant quelques photos en gage d’apéritif!


Petit canyon au milieu des tablelands (petit rappel: les tablelands proviennent de la couche superficielle du manteau terrestre) avec Bonne Bay en arrière-plan.


Petite répétition...


Dégustation d'un bon petit fromage en provenance directe de France...

Allons Mesdames et messieurs, il est temps de passer a table et de déguster une petite entrée composée d’originalités géologiques accompagnées aromatisées aux légères explications historiques.


Petites arches creusées par les eaux du golfe du Saint-Laurent.



Étrange amas de roches au milieu du site historique de Port-Au-Choix.
Ayant cité le nom du site me voici dans l'obligation d'en expliquer la dénomination. Port-Aux-Choix est un site archéologique ou de nombreux objets et autres ossements humains racontent plusieurs milliers d’années de présence indienne sur cette petite pointe calcaire avec entre autres les Indiens maritimes archaïques, les paleoeskimo du groswater et plus récemment les Beothuks que les Européens, et vraisemblablement certains de mes aînés, ont d'ailleurs chassés a leur arrivée.




Entrée dégustée, le plats de résistance arrive avec en guise de serveurs de jeunes orignaux dispersées au grès des routes côtières.




Première touche nordique accompagnée d'un soleil radieux...



Le phare et la ville de St. Anthony.



Dégustation d'iceberg depuis la côte.



Une petite escapade maritime pour croquer à pleines dents dans cette spécialité du nord de terre-neuve.







Ayant engloutie cette assiette jusqu'à la dernière miette, arrive maintenant la spécialité du parc nationale de l'anse aux meadows, une assiette des premières traces des vikings en Amérique accompagnée d'un épais brouillard et d’icebergs ancres dans la baie.















Comment était la cuisson?

À point, je l’espère, car ma partie favorite du repas est maintenant prête à être servie: le fromage...






Et bien sûr comment finir un repas sans un léger dessert ...




Ce dessert vous donne un petit aperçu de ce que sera notre prochain menu: les communautés de pêcheurs de terre-neuve et les phares terre-neuviens.