Monday, 12 July 2010

Winter in NFLD

Me voici de retour après une année d'absence sur mon blog pour vous compter de nouvelles péripéties (attention ne vous fier pas à la date, ce billet date d'avril 2011).

D'abord, je me dois de vous donner une des raisons de mon absence prolongée. Lors de mon retour en France l'été dernier mon intention fut de prendre quelques photos de chaque étape d'un voyage qui s’annonçait prometteur. Rassurez-vous, il le fut... Le seul problème majeur se trouva être la perte de mon appareil photo lors de ma première soirée sur Paris...Probablement oublié sur la banquette arrière d'un taxi parisien ! Cet égarement m'empêcha donc d'accomplir mon objectif.

À la suite de cette tragique perte, il m'a fallu plusieurs mois pour finalement décider de m'offrir un nouveau compagnon photographique...
Excuses faites laissez-moi vous montrer quelques images d'un hiver terre-neuvien qui semble, enfin, toucher à sa fin.

Tout d'abord lors d'un week-end de février, sans doute l'un des plus frais de l'hiver, je me suis aventuré, en compagnie de deux férus d'escalade de glace, sur Bell Island, une petite île de Terre-Neuve au sein de Conception Bay.

Ci-dessus une vue de Bell Island depuis le ferry nous y transportant.



Premier arrêt sur l'île, à la tombée d'une abrupte falaise, un village de mineurs et de pêcheurs, malheureusement laissé à l'abandon.







Ce petit lot de terre regorge de cascades de glace durant les mois froids de l'hiver, ce fut l'occasion pour mes deux compères de s'adonner à leur activité favorite...





Et pendant ce temps, j'en profitais pour prendre mon premier bain de l'année dans une eau avoisinant les 2°C.
Si si, regardez attentivement, on perçoit des palmes émergentes de l'eau.



Après quelques dizaines de minutes de baignades, me voici parti pour une petite randonnée pour visiter des restants de mines sur le bord de mer. Et oui, Bell Island abritait autrefois des mines de fer. La nature ferreuse du sol est d'ailleurs facilement observable par la couleur rougeâtre de la roche.





Fin d'après-midi, repas bien mérité...



La nuit approchante...



...Il nous a fallu trouver un emplacement pour camper assez rapidement.



Après un réveil frigorifique, la météo menaçante nous suggéra d’écourter notre week-end et de prendre le premier bateau par crainte d'être bloqué une nuit de plus sur l'île.

Ce sera donc sur cette fin anticipée que ce billet s’arrêtera...

Monday, 28 June 2010

Péripéties printanières

L’été, maintenant bien installé, ne cesse de me rappeler qu’il est temps pour moi de venir raconter mon deuxième printemps à terre-neuve.

Cette année encore, le printemps fut pimentée de traversée l’île, une traversée assaisonnée d'une visite familiale et de la découverte de terres hostiles...
Eh oui, pendant deux semaines j'ai reçu l'agréable visite de ma chère maman avec qui nous nous sommes aventurés vers l'ouest et la pointe nord terre-neuvienne.

Ayant eu, à plusieurs reprises, l'occasion de vous décrire l'ouest de Terre-Neuve et notamment le parc national du gros morne, je ne m'y attarderais pas
cette fois-ci, voici cependant quelques photos en gage d’apéritif!


Petit canyon au milieu des tablelands (petit rappel: les tablelands proviennent de la couche superficielle du manteau terrestre) avec Bonne Bay en arrière-plan.


Petite répétition...


Dégustation d'un bon petit fromage en provenance directe de France...

Allons Mesdames et messieurs, il est temps de passer a table et de déguster une petite entrée composée d’originalités géologiques accompagnées aromatisées aux légères explications historiques.


Petites arches creusées par les eaux du golfe du Saint-Laurent.



Étrange amas de roches au milieu du site historique de Port-Au-Choix.
Ayant cité le nom du site me voici dans l'obligation d'en expliquer la dénomination. Port-Aux-Choix est un site archéologique ou de nombreux objets et autres ossements humains racontent plusieurs milliers d’années de présence indienne sur cette petite pointe calcaire avec entre autres les Indiens maritimes archaïques, les paleoeskimo du groswater et plus récemment les Beothuks que les Européens, et vraisemblablement certains de mes aînés, ont d'ailleurs chassés a leur arrivée.




Entrée dégustée, le plats de résistance arrive avec en guise de serveurs de jeunes orignaux dispersées au grès des routes côtières.




Première touche nordique accompagnée d'un soleil radieux...



Le phare et la ville de St. Anthony.



Dégustation d'iceberg depuis la côte.



Une petite escapade maritime pour croquer à pleines dents dans cette spécialité du nord de terre-neuve.







Ayant engloutie cette assiette jusqu'à la dernière miette, arrive maintenant la spécialité du parc nationale de l'anse aux meadows, une assiette des premières traces des vikings en Amérique accompagnée d'un épais brouillard et d’icebergs ancres dans la baie.















Comment était la cuisson?

À point, je l’espère, car ma partie favorite du repas est maintenant prête à être servie: le fromage...






Et bien sûr comment finir un repas sans un léger dessert ...




Ce dessert vous donne un petit aperçu de ce que sera notre prochain menu: les communautés de pêcheurs de terre-neuve et les phares terre-neuviens.

Sunday, 7 March 2010

Séjour à Rimouski et Halifax

Demat d'an holl!

Savourant la tranquillité d'une soirée dominicale qui vient achever une période d'aventures et d'émotions, je me sens d'inspiration pour vous conter mes dernières péripéties transcanadiennes.

Transcanadiennes car, comme vous le savez depuis mon précédent billet, si toutefois vous avez eu l'occasion de le lire (rassurez-vous je ne doute pas de votre assiduité acharnée...), la fin du mois de février fut pour moi l'occasion de retourner à Rimouski, ma première terre outre atlantique. Quelle occasion idéale pour profiter allégrement du mélange fusionnel d'un travail prolifique et d'amitiés retrouvées .

Un travail prolifique, oui car cette dizaine de jours passée sur le sol québécois fut agrémentée d'échanges, de réflexions, et donc d'apprentissages professionnels justifiant pleinement cette légère dépense dans mon budget doctoral.

Ce périple fut aussi la magnifique occasion de redécouvrir la malice de certaines complicités naturelles, étonnamment naturelles, dont je pensais la sincérité entachée par l'éloignement physique et temporel. Mais il n'en était rien, je fus parcouru par un sentiment étrange de n'être jamais vraiment parti, comme en témoigna la rapidité, bien involontaire, d'adaptation et d'emprunt d'expressions québécoises si particulières. Et pour embellir le tout, la surprenante nouvelle d'une cigogne égarée est venue renforcer les espérances d'amitiés durables...

Quelle inspiration prosaïque que ces souvenirs de mon retour dans le Bas-Saint-Laurent !

Alors que le voyage semblait s'achever par un retour précoce mais nécessaire sur le rocher, un dysfonctionnement à l'aéroport de St. John's, m'a donné l'opportunité de visiter une nouvelle partie du canada à forte identité provinciale: la Nouvelle-Écosse. Quelle prétention et manque de précision de ma part de parler de la province entière alors que je n'eus l'occasion d'en visiter que la capitale Halifax.


Voici quelques photos accompagnées de commentaire pour vous faire partager ma journée passée dans cette ville encore énigmatique.

Tout d'abord quelques considérations géographiques. Halifax est le plus grand port de l'Atlantique canadien. Cette ville est donc chargée d'une histoire assez particulière sur laquelle je me ferais un plaisir de revenir à travers photos et commentaires.

Voici quelques photos de parties du port d'Halifax.






En fait cette photo c'était Dartmouth, sur la rive opposée.

Ici vous pouvez voir le pont qui relie les deux rives de la baie, c'est à dire Halifax et Dartmouth (qui pourraient être considérées comme une seule et même ville, d'après les dires d'un chauffeur de Taxi). Je suis sûr que la présence de navires militaires n'a pas échappé à vos yeux aiguisés d'observateurs attentionnés. Et oui Halifax est aussi un port militaire avec sous-marins et autres bâtiments de la marine canadienne que je n'ai pu ni n'ai voulu capturer de façon plus attentionnée avec ma lentille.



Veuillez m'excuser pour la qualité des photos, mais la courte durée de cette escale néo-écossaise limitait mes fantaisies artistiques. Si je me laissais aller à un brin d'honnêteté, je vous dirais même que comme beaucoup d'activités artistiques (si ce n'est toutes), la photographie n'est pas mon domaine d'excellence...



Plusieurs des photos précédentes furent prises des bords de la citadelle de la ville dont l'un des canons retenti chaque jour à midi, moment auquel j'ai eu l'opportunité d'assister.



Voici une petite photo de l'intérieur de la citadelle, comme vous pouvez le voir, rien de bien exceptionnel.



Je vous parlais il y a un court instant de l'histoire d'Halifax en voici deux vestiges. Le premier, le quai "Pier 21", fut le lieu d'arrivée des nombreux immigrants européens s'exilant au canada. Ce fut aussi le lieu de départ pour les côtes normandes des soldats canadiens (presque 500 000) lors de la Deuxième Guerre mondiale. Ce quai est maintenant un musée que je n'ai pas visité. Erreur de ma part que d'avoir visité le musée maritime à la place.



Le deuxième vestige de l'histoire d'Halifax que je veux vous montrer (je ne reviens pas sur la citadelle et autres maigres fortifications qui, bien qu'ayant probablement eu un effet de dissuasion, n'ont jamais été les lieux de conflits armés) est l'île Georges. Cette île fit office de prison pour des milliers d'Acadiens suite à la décision, en 1755, d'expulser la population acadienne de la Nouvelle-Écosse. Je ne veux pas m'avancer dans l'explication d'un contexte historique non familier, mais il me semble que l'utilisation de la langue française par les Acadiens était perçue comme une menace. Aussi surprenant que ce soit, ils jouissent encore d'une communauté "assez importante " en Nouvelle-Écosse et dans certains quartiers d'Halifax.



Comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessus nombreux Acadiens sont retournés en France suite à cette expulsion, mais ce ne sentant plus à l'aise en France il décidèrent de repartir sur le continent nord-américain. C'est ainsi que fut fondée la communauté francophone de la Louisiane.



Continuons ce périple historique avec ce canot construit en 1830 par Malti Pictou, un ancien chef Mi'Kmaq. Les Mi'kmaq étaient la principale tribu d'Indiens en Nouvelle-Écosse et si je ne me trompe pas dans tout l'Est canadien en général. Ils ont même été présents, mais très temporairement à Terre-Neuve mais furent repousser entre autres par les béothuks.



(Il fallait bien que je mette un photo du seul musée que j'ai visité à Halifax...)

Parenthèse historique faite (j'espère qu'elle vous aura plu), il me reste quelques photos à vous montrer.

Le bâtiment principal de Dalhousie University. Le reste de l'université ne se distingue pas vraiment des autres bâtiments de la ville, malgré tout cette université à l'air très vivante et possède une assez solide réputation.



L'esprit humain aimant comparé tout genre de chose, lors de ma visite d'Halifax, je ne pouvais m'abstenir de comparer Halifax et St. John's. Alors voici quelques comparaisons qui tombent à point nommé avec la nature de mon précédent billet sur la ville de St. John's (je me suis aperçu d'avoir expédié l'édition du bilet sur St. John's mais j'aurais maintes reprises de revenir sur ma ville d'adoption...).

Premières ressemblances frappantes, la possibilité de sortir de la ville assez rapidement et de retrouver des maisons entre océan et forêt.



Cette rue (Rue Argylle si mes souvenirs sont bons, oui c'est ça, c'est la rue des restaurants) ressemble beaucoup, malgré une hauteur de bâtiment plus importante, à Water St. la rue principale de St. John's.



Les deux photos qui suivent sont pour moi très révélatrices à la foie des similitudes et des différences entre Halifax et St. John's.
Comme vous pouvez le constater, tout comme dans St. John's, les chaleureuses maisons de style victorien ont fleuri dans Halifax, mais ce décor amical (si l'on oublie les fils électriques, mais ça, je m'y suis habitué) est singulièrement outragé par la présence de grandes tours résidentielles...(La tour sur la deuxième photo est une tour de logement étudiant...).







Et bien voilà, je crois en avoir fait le tour et de toute façon la pénurie photographique approchant, je me vois maintenant dans l'obligation de vous laisser. J'accompagne cependant ma retraite de la plaque d'immatriculation d'usage en Nouvelle-Écosse.



Ah j'oubliais, le dernier sentiment duquel je voulais vous faire part est, que malgré le nombre limité de mes connaissances Terre-Neuviennes et la durée elle aussi limitée de ma vie ici (jusqu'à présent), j'ai ressenti un attachement à l'identité Terre-Neuvienne en m'éloignant d'elle. Ah les insulaires tous aussi fiers!